Le grand requin blanc bientôt chassé en Australie ?

Publié le par Philippe & Céline

Requin blancLe débat fait rage entre nageurs et scientifiques. A chaque attaque mortelle, la question de la protection du requin blanc se repose.  La mort d'un surfeur le 14 juillet est-elle "celle de trop" ?

L’Australie a connu, en moins d'un an, cinq attaques mortelles de requin. La dernière en date a touché un surfeur, tué le 14 juillet dernier par un "grand blanc" sur la côte ouest.C'est le pays qui, avec les États-Unis, connaît le plus d'attaques mortelles. 46 en cinquante ans. La situation ne s'est pas aggravée, mais les regards se tournent vers le grand requin blanc. C'est l'espèce qui cause le plus d'incidents mortels. Le "grand blanc" est même nommé "mangeur d'hommes".

Une espèce menacée, protégée dans beaucoup de pays, dont l'Australie depuis 2001. Depuis 2002, elle est classée dans l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (Cites). L'annexe II concerne "les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d'extinction" mais dont le commerce doit être contrôlé pour assurer leur survie.

L’Australie a financé des études - à hauteur de 12 millions d'euros - pour mieux comprendre le comportement des requins et les raisons de telles attaques sur l'homme.L'espèce est protégée, ce qui a pu accroître sa population. Si c'est le cas, son statut d'espèce protégée pourrait être remis en cause par les autorités australiennes. Le requin blanc est un superprédateur. Il n'a guère de concurrence à part l'homme. Et c'est bien son comportement avec ce dernier qui détermina l'avenir de son statut. Deux camps s’opposent alors : les surfeurs et nageurs d'un côté, et les scientifiques et écologistes de l'autre. Dans un débat qui se résume à une bataille de chiffres.

Les attaques de requins ont augmenté au fil du temps, mais pas nécessairement le nombre de requins. On constate en moyenne 15 attaques par an en Australie - dont peu sont mortelles - contre 6,5 par an entre 1990 et 2000.

Il y a bien une augmentation des attaques, due essentiellement... à unehausse du nombre de surfeurs et de nageurs. La question principale est donc celle de la cohabitation. Le gouvernement serait même prêt à protéger les baigneurs contre le requin, selon The Australian. Reste à savoir par quels moyens. Chasse ou prélèvement de l'animal, système de protection ou d'éloignement...

Mais la mort du surfeur le 14 juillet dernier a relancé le débat et pourrait bien accélérer les choses. Les scientifiques tiennent à défendre l'importance des requin dans l'écosystème marin. Les nageurs prônent plutôt des mesures plus radicales. Un compromis pourrait peut-être voir le jour, toujours selon The Australian. Certains chercheurs mettent au point des systèmes de répulsion acoustique ou lumineuse. La prévention auprès des sportifs est également une solution.

L'étude du comportement des requins, une nécessité. L'institut de recherche Shark Research Institute estime nécessaire l'étude du comportement des requins lors des attaques, surtout en Australie. "Nous avons besoin de reconnaître et d'éviter les situations potentiellement dangereuses dans l'eau", affirme-t-il. Tout comme nous évitons de "marcher dans une troupe de lions" dans la savane.

Selon l'institut, très peu de requins sont en situation de prédation lorsqu'ils attaquent l'homme. L'attaque est la conséquence d'une menace, ou d'un environnement sensoriel particulier - présence de nombreux poissons ou eau trouble par exemple. Le requin agit alors plus par réflexe que par prédation.

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Publié dans L'info du moment

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